Voyages

Roadtrip en Écosse : partie 2

8 février 2019

Dans la première partie de cette série d’articles sur mon voyage en Écosse (à retrouver ici), je vous avais emmené dans les environs de Glasgow, d’Inveraray, et d’Oban, d’où nous sommes ensuite reparties. Accrochez-vous, car nous arrivons au point culminant des mésaventures de ce voyage. Pour faire simple : tout s’est incroyablement bien déroulé durant notre séjour, exception faite de cette troisième journée qui au-delà des beautés fabuleuses rencontrées en route, fut essentiellement marquée par ses incidents et ses déconvenus.

Glen Coe, entre merveilles et malédictions

Au départ de Balvicar, nous avions décidé de passer d’abord par les montagnes de Glen Coe, puis par Glenfinnan (où se trouve le célèbre viaduc d’Harry Potter) avant de prendre la route pour l’île de Skye, que nous comptions rejoindre par le pont construit en 1995. Un journée chargée, mais réglée comme du papier à musique – enfin, sur le papier.

Bien chaussée pour patauger dans les collines humides, nous garons la voiture en bord de route au milieu de la vallée. Nous crapahutons un moment, escaladons des rochers, sautons au-dessus des cours d’eau. Cet endroit est sans aucun doute le plus sublime du voyage. C’est immense et les couleurs sont pleines de nuances. Il y a beaucoup de vent, et bien que le temps ne soit pas mauvais, il ne fait pas très chaud, là-haut. Mais plus je grimpe, plus je me sens bien. Il y a ce sentiment de liberté imprenable quand on s’éloigne de la route pour se rapprocher des monts ; rien ni personne ne peut plus m’atteindre. (Sauf les midges.) Pour l’anecdote, je ressens exactement la même chose une fois sous l’eau. Tout est si grandiose et si tranquille en même temps.

Lorsque nous arrêtons notre ascension, nous prenons le temps de contempler ce lieu autrefois marqué par le massacre de 38 membres du clan McDonald, pour avoir prêté allégeance à Guillaume III d’Angleterre.

La poésie du lieu contraste avec son histoire, et pourtant, il y règne une puissance mystique indéniable propre aux lieux chargés d’énergies. Le sang a coulé sur la lande mais elle continue de fleurir.

Nous tâchons de redescendre sans dégringoler de la colline, et nous remarquons une bande de garçons garée non loin, en train de changer non sans peine leur pneu fraîchement crevé. Entre nous, nous esquissons un sourire et laissons aller deux-trois blagues sur la malédiction de Glen Coe, et sur les farces de ses fantômes décidés à garder avec eux les voyageurs suffisamment hardis pour s’aventurer sur leurs terres. On trouvait ça très drôle.

Jusqu’à ce que l’on crève à notre tour.

Sans roue de secours ni kit anti-crevaison, nous voilà perdues au beau milieu de nulle part. Le réseau nous fait défaut et le crachin naissant se fait de plus en plus gros. Beau cliché, parfait tableau. Nous n’avons pas compté les tentatives ni les mètres parcourus pour enfin réussir à contacter quelqu’un, et lui décrire approximativement notre position sans que la communication ne se coupe. Le temps s’écoule, les esprits s’échauffent ; arriverons-nous sur Skye à temps ? Car passées 21h, adieu l’auberge et ses lits douillets ; la voiture devrait faire office de chambre de fortune.

Epic moment immortalisé par Oriane

Après presque deux heures à patienter en pleine nature, nous montons enfin dans la dépanneuse qui nous emmène vers Fort William pour changer notre roue au garage le plus proche. Le Soleil se lève de nouveau ainsi que nos sourires : ce n’est qu’un malheureux contre-temps ; nous estimons encore possible notre passage par Glenfinnan dont nous prenons aussitôt la route.

Glenfinnan, une pause bien méritée

Encore désorientées par nos fâcheuses péripéties, nous tentons sur place d’approcher le viaduc par une route très incertaine ; à pieds, cette fois. Stressées par les horaires, nous empruntons un chemin peu réfléchi et boueux à tendance marécageuse, peu enclin à être foulé de nos pieds. Peu importe, tout ce que nous voulions, c’était nous approcher.

Rapidement freinées par un grillage – nous n’étions décidément pas censées nous trouver là ! -, nous rebroussons chemin après une brève contemplation du viaduc où le train ne sera malheureusement pas passé pour nous. Nous prenons la direction du mémorial jacobite situé au bord de l’eau. Là, il se passe comme une pause temporelle où nous réussissons enfin à souffler.

La surface de l’eau est lisse et seuls les bruissements du vent lui donnent quelques frissons. J’observe les belles demeures au loin sur les rives et me surprend à penser à ce que serait ma vie si elle se tenait ici-même. Tout est si calme, si intact. Paisible.

Ce qui fut moins paisible en revanche, fut notre route pour l’île de Skye.
Sans doute la plus belle étape de notre voyage, mais aussi la plus tendue en terme de trajet.
Mais je vous réserve ça pour le troisième et dernier article sur notre périple.

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